En bref : les cinq trajets retenus ici sont tous asphaltés et praticables avec une voiture de tourisme. Comptez une demi-journée par route, un plein avant chaque montée, et beaucoup plus de temps que ne l’annonce votre GPS.

La Crète mesure environ 260 km d’ouest en est, ce qui donne l’impression d’une île qui se traverse dans la journée. Sur le terrain, une moyenne de 45 km/h relève déjà de la performance dès que l’on quitte la route nationale du nord. Les plus belles routes de Crète ne sont presque jamais les plus rapides, et c’est précisément ce qui les rend intéressantes. Voici cinq trajets que je conseille régulièrement, choisis pour la conduite elle-même autant que pour ce qu’il y a au bout.

Pourquoi les plus belles routes de Crète se méritent en voiture

Le réseau de bus KTEL relie très bien Héraklion, Réthymnon et La Canée. Il ne monte pas sur les plateaux, ne traverse pas les gorges et ne s’arrête pas devant les tavernes de village. Le plateau du Lassithi, par exemple, n’est desservi par aucun transport public.

D’où le réflexe de la plupart des voyageurs : récupérer un véhicule dès l’arrivée. Une location voiture en Crète avec Gomega Car Rentals se prend directement à l’aéroport d’Héraklion, avec kilomètres illimités, ce qui compte quand un aller-retour vers le sud avale 200 km sans prévenir. Mon conseil : prenez une citadine plutôt qu’un SUV. Sur les routes de village, la largeur du véhicule pèse plus que sa puissance.

Cinq trajets à faire au volant

Du littoral au plateau du Lassithi par le col de Seli Ambelou

Depuis Malia, la route grimpe en lacets réguliers jusqu’au col de Seli Ambelou, autour de 840 m d’altitude, où une rangée de moulins à vent en pierre annonce le plateau. Une route circulaire de 23 km relie ensuite les 18 villages du Lassithi, seule zone habitée toute l’année au-dessus de 800 m sur l’île. L’accès par Agios Nikolaos est plus court et bien plus sinueux ; celui par Malia reste le plus confortable. La grotte de Psychro se visite en fin d’après-midi, quand les autocars sont repartis.

Anogia et la montée vers le plateau de Nida

Anogia, village de bergers accroché au flanc du Psiloritis, marque le départ de ma route préférée de toute l’île. Dix-neuf kilomètres d’asphalte étroit mènent au plateau de Nida, à 1 400 m d’altitude, en une quarantaine de minutes sans arrêt. Le paysage se dépouille, les pierres remplacent les oliviers, et la circulation disparaît. Prévenez large côté carburant : les stations se raréfient dès qu’on quitte la côte, et le sans plomb tourne autour de 2 € le litre en Grèce à l’été 2026.

Moulins à vent en pierre du col de Seli Ambelou avec le plateau du Lassithi en arrière-plan

D’Askifou à Chora Sfakion, la descente vers la mer de Libye

Après le plateau d’Askifou, la route suit le flanc ouest des gorges d’Imbros avant de basculer vers la côte sud. Dix-sept kilomètres et 829 m de dénivelé séparent le col de Chora Sfakion, avec une série de virages en épingle et la mer de Libye qui apparaît d’un coup. Descendez en frein moteur plutôt qu’à la pédale, sinon vous sentirez l’odeur des plaquettes en arrivant au port.

Chora Sfakion, Anopoli et le pont d’Aradena

La suite logique du trajet précédent, et la plus exigeante. La route monte vers Anopoli par des épingles serrées, puis atteint le pont d’Aradena, le plus haut de Grèce avec ses 138 m au-dessus du vide. Le tablier métallique se franchit en voiture, une planche à la fois. Ceux que ça n’amuse pas peuvent se garer avant et regarder les sauteurs à l’élastique s’élancer.

Kourtaliotiko et Kotsifou, deux gorges traversées en voiture

À 22 km au sud de Réthymnon, la route s’engage dans la faille de Kourtaliotiko près du village de Koxare, sur environ 3 km de parois verticales, avec un escalier vers les cascades. Un peu plus à l’ouest, la gorge de Kotsifou se traverse sur 1 800 m par une route asphaltée d’une étroitesse remarquable, chapelle troglodyte comprise, avant de déboucher sur Plakias. Les deux se combinent facilement avec la plage de Préveli dans la même journée.

Trajet Repère Revêtement
Malia – Lassithi col à 840 m, boucle de 23 km asphalte large
Anogia – Nida 19 km, 1 400 m d’altitude asphalte étroit
Askifou – Chora Sfakion 17 km, 829 m de descente asphalte, épingles
Chora Sfakion – Aradena pont à 138 m de haut asphalte dégradé par endroits
Koxare – Plakias deux gorges, 3 km et 1 800 m asphalte très étroit

Conduire sur les plus belles routes de Crète sans mauvaise surprise

Un point que les guides survolent : France Diplomatie signale un taux d’accidents mortels élevé en Grèce, et particulièrement en Crète (source). Les dépassements par la bande d’arrêt d’urgence sur la nationale du nord, les chèvres au milieu de la chaussée et les nids-de-poule après un virage expliquent une partie du chiffre. Rouler de jour sur les routes de montagne change beaucoup de choses, les glissières étant rares.

Autre réflexe utile : relire la clause sur les surfaces non asphaltées. La plupart des contrats de location excluent les pistes, et celle de Balos porte parfois la mention explicite « No Balos » sur le bon. Pour cette plage, le bateau depuis Kissamos me paraît le choix raisonnable.

Questions fréquentes

Faut-il un 4×4 pour ces routes ?

Non. Les cinq trajets sont entièrement asphaltés et se font en citadine. Le 4×4 ne devient utile que sur les pistes de Balos ou d’Agiofarango, justement celles que votre assurance ne couvre pas.

Quelle est la meilleure période pour ces trajets ?

Mai, juin, septembre et octobre. Les plateaux restent frais, la lumière est bonne en fin de journée et le trafic touristique reste supportable. En février, la neige peut fermer l’accès au plateau de Nida.

Combien de kilomètres prévoir par jour ?

Deux cents kilomètres constituent déjà une journée bien remplie en Crète. Sur les routes de montagne, tablez sur 45 km/h de moyenne, arrêts photo non compris, et gardez une marge avant le coucher du soleil.