Nice ne se résume pas à sa Promenade des Anglais et à ses plages de galets. Derrière la carte postale méditerranéenne se cache une capitale culturelle d’une richesse insoupçonnée, où Matisse, Chagall et Picasso ont puisé leur lumière. En cinq jours, ce séjour sur la Côte d’Azur vous plonge dans l’art moderne, les villages médiévaux perchés et la cuisine niçoise la plus authentique. De la socca brûlante du Cours Saleya aux jardins somptueux de la Villa Ephrussi de Rothschild, voici un itinéraire pensé pour les voyageurs curieux, gourmands et amoureux du beau.
Pourquoi Nice est la porte d’entrée idéale de la Riviera
Avec son aéroport international Nice Côte d’Azur, deuxième de France après Paris, la ville est accessible en quelques heures depuis la plupart des capitales européennes. Mais l’atout majeur de Nice tient à sa position stratégique. Elle se trouve à équidistance entre les villages perchés de l’arrière-pays niçois et les joyaux côtiers comme Saint-Jean-Cap-Ferrat, Antibes ou Villefranche-sur-Mer. En d’autres termes, Nice fonctionne comme un camp de base luxueux d’où rayonnent des excursions fascinantes.
La ville elle-même regorge de trésors. Le Vieux-Nice, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2021 au titre de « Nice, capitale du tourisme de Riviera », constitue un musée à ciel ouvert. Ses façades ocre et terre de Sienne, ses ruelles baroques et ses places animées racontent trois siècles d’art de vivre. Par ailleurs, la lumière méditerranéenne qui baigne la baie des Anges a attiré les plus grands peintres du XXe siècle. Cette concentration artistique fait de Nice une destination culturelle de premier plan en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Jour 1 : immersion dans le Vieux-Nice et ses saveurs
Le marché du Cours Saleya, festin pour les sens
Commencez votre séjour culturel par un réveil en couleurs. Le marché aux fleurs et aux produits du Cours Saleya bat son plein dès 6 h 30, du mardi au dimanche. Lavande, olives de Nice, épices, fromages de chèvre et fruits gorgés de soleil composent un tableau vivant. C’est ici que les Niçois achètent leurs ingrédients depuis des générations. Ne repartez pas sans goûter à la socca, cette galette de farine de pois chiche cuite au feu de bois, croustillante à l’extérieur, fondante à l’intérieur. Juste à côté, les échoppes proposent de la pissaladière, tarte aux oignons confits, anchois et olives noires — un classique de la cuisine niçoise.
Après le marché, perdez-vous dans les ruelles du Vieux-Nice. La cathédrale Sainte-Réparate, bijou baroque du XVIIe siècle, mérite un arrêt. Les galeries d’art, les boutiques d’artisanat et les trattorias se succèdent sans jamais lasser. Si la faim vous tenaille, commandez un pan-bagnat — le sandwich niçois par excellence, garni de thon, d’œuf dur, de crudités et d’huile d’olive.
La colline du Château et le panorama sur la baie des Anges
En début d’après-midi, grimpez jusqu’à la colline du Château. Malgré son nom, le château n’existe plus — il fut détruit sur ordre de Louis XIV en 1706. Mais le parc qui le remplace offre le plus beau panorama de Nice : à vos pieds, la courbe parfaite de la Promenade des Anglais, les toits du Vieux-Nice, le port Lympia et, par temps dégagé, la silhouette de l’Estérel à l’horizon. On y monte à pied par les escaliers depuis la place Garibaldi ou en empruntant l’ascenseur gratuit près de la Tour Bellanda. Comptez environ une heure pour profiter du lieu sans vous presser.
Matisse et Chagall : deux musées, deux univers
L’après-midi est consacré à l’art. Prenez le bus vers le quartier de Cimiez pour visiter le musée Matisse, installé dans une villa génoise du XVIIe siècle entourée d’oliviers. La collection retrace l’ensemble de la carrière d’Henri Matisse, depuis ses premières natures mortes sombres jusqu’aux éclatants papiers découpés de sa période niçoise. Le cadre, serein et lumineux, fait partie intégrante de l’expérience.
À peine 1,5 km plus bas, le musée national Marc Chagall abrite la plus grande collection publique de l’artiste. Ses dix-sept toiles monumentales inspirées de la Bible explosent de couleurs — bleus profonds, rouges incandescents, dorés mystiques. Le vitrail de la salle de concert, baigné de lumière, est un moment de grâce. Le billet d’entrée est à 10 € (gratuit le premier dimanche du mois) et la visite dure environ 1 h 30 (site officiel).
Jour 2 : art contemporain et gastronomie d’auteur
Le MAMAC et la scène artistique niçoise
Le deuxième jour s’ouvre sur le MAMAC, Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice. Attention : le bâtiment est actuellement fermé pour rénovation jusqu’en 2028, mais la programmation « MAMAC hors les murs » continue à travers des expositions temporaires disséminées en ville (programme à consulter ici). Avant la fermeture, le MAMAC proposait une collection exceptionnelle d’art contemporain, du Nouveau Réalisme d’Yves Klein à l’art pop de Niki de Saint Phalle. La terrasse panoramique du musée offrait par ailleurs une vue saisissante sur Nice — raison de plus d’attendre impatiemment sa réouverture.
En attendant, flânez sur la place Masséna toute proche, bordée de façades rouge sarde et des fameuses statues lumineuses de Jaume Plensa. Puis descendez vers la Promenade du Paillon, ce jardin linéaire de 12 hectares qui relie la vieille ville à la gare — un poumon vert en plein cœur de Nice.
Le musée Picasso à Antibes
Après le déjeuner, prenez le TER régional direction Antibes (25 minutes, environ 5 €). Le musée Picasso occupe le château Grimaldi, une forteresse médiévale en pierre dorée surplombant la Méditerranée. Picasso y travailla durant l’automne 1946 et laissa à la ville un ensemble d’œuvres habitées d’une joie de vivre solaire. Peintures, céramiques et dessins témoignent de cette parenthèse créative. La terrasse du musée, ouverte sur le bleu infini, est un tableau en soi.
Dîner étoilé et cave à vins : les adresses à retenir
De retour à Nice en fin d’après-midi, accordez-vous un détour par La Part des Anges, élue meilleure cave à vins de France en 2020. Cet établissement spécialisé dans les vins naturels et les bières artisanales bio propose une dizaine de références au verre chaque jour, accompagnées de planches savoureuses. L’ambiance est chaleureuse, le conseil avisé, le bonheur immédiat.
Pour le dîner, les gourmets réserveront une table dans l’un des restaurants étoilés Michelin de la Riviera. Parmi les adresses à retenir, le restaurant JAN du chef sud-africain Jan-Hendrik van der Westhuizen propose une cuisine d’auteur intime — seulement 24 couverts — où la créativité se nourrit d’influences provençales. Pensez à réserver plusieurs semaines à l’avance.
- La Part des Anges (Vieux-Nice) : cave à vins naturels ouverte midi et soir, idéale pour un apéro gourmand avant le dîner. Compter environ 15-25 € par personne.
- JAN (rue Lascaris) : menu dégustation à partir de 95 €, réservation obligatoire sur le site du restaurant.
- Chez Palmyre (Vieux-Nice) : pour une cuisine niçoise traditionnelle authentique — farcis, ratatouille, daube — dans une ambiance familiale et sans prétention. Compter 20-30 €.
Jour 3 : Saint-Paul-de-Vence et la Fondation Maeght
Flânerie dans un village médiéval habité par l’art
Ce troisième jour vous éloigne de Nice pour une excursion dans l’arrière-pays. Saint-Paul-de-Vence, l’un des plus anciens villages médiévaux du sud de la France, se dresse sur une colline à seulement 20 km de la côte. Ce village fortifié a séduit Picasso, Matisse, Chagall, Prévert et tant d’autres — au point de devenir un haut lieu des galeries d’art contemporain.
Passez les remparts et déambulez dans la Rue Grande, artère principale bordée d’ateliers de peintres, de galeries et de boutiques artisanales. Chaque recoin révèle une fontaine ancienne, un lavoir ou une placette ombragée. Ne manquez pas la chapelle des Pénitents Blancs, décorée par l’artiste belge Jean-Michel Folon, ni la place du Jeu de Boules où résidents et visiteurs se mêlent avec la même nonchalance provençale. Pour le déjeuner, la terrasse de la Colombe d’Or — ancien repaire de Picasso et Chagall — affiche des œuvres originales accrochées aux murs de la salle à manger.
La Fondation Maeght, temple de l’art moderne
À dix minutes à pied du village, la Fondation Maeght s’impose comme l’une des plus importantes institutions d’art moderne et contemporain en Europe. Inaugurée en 1964 par Aimé et Marguerite Maeght, elle abrite des œuvres de Miró, Giacometti, Braque, Calder et Chagall dans un bâtiment conçu par l’architecte catalan Josep Lluís Sert. L’architecture elle-même est une œuvre d’art, mêlant béton brut, lumière naturelle et végétation méditerranéenne.
La cour Giacometti, peuplée de silhouettes filiformes en bronze, et le labyrinthe Miró, jardin de sculptures et de céramiques colorées, constituent des moments forts de la visite. L’entrée est à 18 € en plein tarif, gratuite pour les moins de 16 ans. Prévoyez 1 h 30 à 2 h sur place (site officiel).
Jour 4 : l’élégance de Cap Ferrat et la Villa Ephrussi
Villa Ephrussi de Rothschild : un palais et neuf jardins
Cap Ferrat est à la Riviera française ce que le diamant est à l’écrin. Sur cette presqu’île entre Nice et Monaco, la Villa Ephrussi de Rothschild trône au sommet, face à la Méditerranée. Construite en 1912 par la baronne Béatrice Ephrussi de Rothschild, cette demeure Belle Époque abrite une collection fabuleuse de mobilier XVIIIe, de porcelaines de Sèvres, de tapisseries et de tableaux de maîtres.
Mais ce sont les neuf jardins thématiques qui volent la vedette : jardin à la française avec bassin à jets d’eau synchronisés sur de la musique, jardin espagnol, jardin florentin, jardin japonais, roseraie, jardin exotique… Chaque espace est une invitation au voyage. L’entrée est à 18 € en plein tarif, 12 € en tarif réduit (billetterie officielle). Comptez 1 h 30 pour la visite complète.
Paloma Beach et le sentier du littoral
Après la visite, descendez vers Paloma Beach, une plage de galets nichée dans une crique boisée, prisée des locaux et des célébrités. L’endroit est idéal pour une pause baignade et un déjeuner les pieds (presque) dans l’eau au Club Plage Paloma. Puis enchaînez avec le sentier du littoral, une boucle de 4,8 km autour de la pointe de Cap Ferrat. Ce chemin côtier offre des vues envoûtantes sur les eaux turquoise, les criques secrètes et les propriétés les plus exclusives de la Riviera. Prévoyez de bonnes chaussures et un appareil photo.
Jour 5 : aventure en montagne à bord du Train des Pignes
Pour cette dernière journée, quittez le littoral et embarquez à bord du Train des Pignes, l’un des derniers chemins de fer à voie étroite de France. Au départ de la gare des Chemins de fer de Provence à Nice, cette ligne historique serpente à travers les gorges, les forêts de pins et les villages perchés de l’arrière-pays niçois jusqu’à Digne-les-Bains en Haute-Provence.
Le trajet complet dure 3 h 30, mais vous pouvez descendre à Entrevaux, cité fortifiée par Vauban accrochée à un éperon rocheux, ou poursuivre jusqu’à Annot et ses étonnants grès sculptés par l’érosion. Les amateurs de patrimoine ferroviaire opteront pour le Train des Pignes à vapeur, qui circule entre Puget-Théniers et Annot avec une locomotive centenaire (départ vers 11 h, horaires et réservation). Les paysages sont spectaculaires. Le contraste entre la côte azuréenne et ces vallées sauvages est saisissant — comme si deux mondes cohabitaient à moins d’une heure de distance.
De retour à Nice en fin de journée, offrez-vous un dernier dîner face à la mer. Une salade niçoise dans les règles de l’art (jamais de maïs, jamais de pomme de terre cuite, toujours des légumes crus et de l’huile d’olive), un verre de Bellet — le vignoble confidentiel de Nice — et la Promenade des Anglais qui s’allume au crépuscule. L’escapade sur la Riviera se conclut en beauté.
Carnet pratique : budget, transport et bonnes adresses
Nice est une ville qui se parcourt facilement à pied, en tramway (lignes 1, 2 et 3) ou en bus Lignes d’Azur (1,50 € le ticket). Pour les excursions vers Antibes, Villefranche-sur-Mer ou Saint-Paul-de-Vence, le réseau TER et les bus départementaux sont fiables et économiques. La location de voiture n’est vraiment utile que pour le jour 4 (Cap Ferrat) si vous souhaitez plus de flexibilité.
| Poste de dépense | Budget économique / jour | Budget confort / jour |
|---|---|---|
| Hébergement (chambre double) | 60-90 € | 120-200 € |
| Repas (déjeuner + dîner) | 25-40 € | 60-120 € |
| Transport local | 5-10 € | 15-30 € |
| Musées et entrées | 10-20 € | 20-40 € |
| Total estimé par personne | 100-160 € | 215-390 € |
La meilleure saison pour un séjour culturel à Nice est le printemps (avril-juin) ou l’automne (septembre-octobre). Les températures sont douces, la lumière est sublime et la fréquentation touristique reste supportable. L’été, en revanche, les musées sont bondés et les plages saturées. L’hiver, Nice conserve un ensoleillement exceptionnel — idéal pour les visites culturelles — mais certaines excursions (Paloma Beach, sentier du littoral) perdent de leur attrait.
- Où dormir : le Vieux-Nice pour l’ambiance, le quartier du port pour le calme, ou Cimiez pour la proximité des musées Matisse et Chagall.
- Pass musées : le French Riviera Pass (26 € pour 24 h, 38 € pour 48 h) donne accès à plus de 60 activités et musées dans toute la métropole Nice Côte d’Azur.
FAQ — Séjour culturel et gourmand à Nice
Combien de jours faut-il pour visiter Nice et ses environs ?
Quelle est la meilleure saison pour un séjour culturel à Nice ?
Les musées de Nice sont-ils gratuits ?
Comment se rendre à Saint-Paul-de-Vence depuis Nice ?
Le Train des Pignes fonctionne-t-il toute l’année ?












